Le Cantal compte trois villages classés Plus Beaux Villages de France (Salers, Tournemire, Marcolès) et une poignée de Petites Cités de Caractère (Murat, Laroquebrou, Montsalvy, Menet, Saint-Urcize). On en a gardé sept, ceux où l'on s'arrête vraiment : trois autour des monts du Cantal, trois dans la Châtaigneraie, un à part sur les gorges de la Truyère. Et comme on écrit ça à la mi-septembre, on vous dit ce qui reste ouvert quand les cars sont repartis : le château d'Anjony, la Fête du Cornet à Murat, le Salers AOP encore en fabrication. Le tour se fait en deux jours.
Réponse en 30 secondes
| Village | Label | Pourquoi on s'arrête | Temps sur place |
|---|---|---|---|
| Salers | Plus Beaux Villages de France | Le bourg de lave noire à 950 m, le fromage, la vue depuis Barrouze | 2 h |
| Tournemire | Plus Beaux Villages de France | Le château d'Anjony, habité par la même famille depuis 1435 | 1 h 30 |
| Marcolès | Plus Beaux Villages de France et Petite Cité de Caractère | La cité marchande de la Châtaigneraie, la saboterie de 1925 | 1 h |
| Murat | Petite Cité de Caractère | Les toits de lauze, les trois rochers, les cornets | 2 h |
| Laroquebrou | Petite Cité de Caractère | Le pont du XIIIe sur la Cère, la Vierge au-dessus du château | 1 h |
| Montsalvy | Petite Cité de Caractère | L'abbatiale, le Puy de l'Arbre et son histoire du mètre | 1 h |
| Chaudes-Aigues | Station thermale | Une source à 82 °C en pleine rue | 1 h 30 |
Ce classement ne remplace pas notre sélection des plus beaux villages d'Auvergne, qui compare les quatre départements. Ici, on ne parle que du Cantal, et on entre dans le détail.
Comment on a choisi
Le label Plus Beaux Villages de France est strict : moins de 2 000 habitants, au moins deux sites ou monuments protégés, et une commune qui s'engage sur la durée. Dans le Cantal, seuls Salers, Tournemire et Marcolès l'ont. Le réseau Petites Cités de Caractère distingue des bourgs qui ont été des centres religieux, militaires ou marchands : Murat, Laroquebrou, Montsalvy, Marcolès encore, Menet et Saint-Urcize.
On a pris les trois classés, trois cités de caractère, et un septième sans label qu'on défend : Chaudes-Aigues, parce qu'une eau à 82 °C qui sort du trottoir, ça ne se voit nulle part ailleurs. Saint-Flour est une ville : on l'a gardée en étape.
1. Salers : le village où le label est né
Salers est en pierre volcanique sombre, posé à 950 m sur un éperon au-dessus de la vallée de la Maronne, dans le Parc des Volcans d'Auvergne. L'ensemble date pour l'essentiel du XVIe siècle : hôtels à tourelles, échauguettes, portes fortifiées, et la place Tyssandier d'Escous au milieu. C'est ici, le 6 mars 1982, que l'association des Plus Beaux Villages de France a été officialisée, à l'initiative de Charles Ceyrac, maire de Collonges-la-Rouge, suivi par 66 maires. On a déjà écrit pourquoi Salers résume tout le Cantal, on ne se répète pas.
Ce qu'on ajoute, c'est l'ordre de visite. Commencez par l'esplanade de Barrouze, à l'écart du centre : c'est de là que les monts du Cantal se lisent le mieux, et personne n'y va avant 11 h. Redescendez par les ruelles jusqu'à l'église Saint-Mathieu, qui garde cinq tapisseries d'Aubusson du XVIIe. Finissez par la place, quand les terrasses se remplissent.
Pour le fromage, une seule règle : le Salers AOP se fabrique du 15 avril au 15 novembre, quand les vaches sont à l'herbe. En septembre, vous êtes dans la fenêtre. La Cave de Salers fait goûter au comptoir, cave d'affinage visible derrière. Pour la vache elle-même, la Maison de la Salers, à quelques kilomètres, fait le job en 1 h 30, dégustation comprise. Les fermes qui ouvrent leurs portes sont dans notre Cantal des éleveurs.
Pour dormir, le Bailliage tient le village depuis 1962, spa compris, et la Maison d'Hôtes La Grange, à cinq minutes à pied du centre, est notre adresse pour fuir la foule le soir. Le reste est dans où dormir à Salers. Car Salers est le seul village de cette liste qui peut saturer, même un week-end de septembre : venez tôt, ou quand les bus repartent.
2. Tournemire : un château, une famille, six siècles
Tournemire aligne des maisons des XIVe et XVe siècles, murs en tuf, toits de lauze ou d'ardoise, à une demi-heure d'Aurillac sur la route de Salers. Le bourg se traverse en une demi-heure. On y vient pour ce qui est au bout de la rue.
Le donjon a été commencé en 1435. Quatre tours rondes, 40 m au point le plus haut, 139 marches, des fresques du XVIe à l'intérieur, et la même famille dedans depuis la construction. Ce n'est pas un château-musée, c'est une maison qui se visite : le mobilier n'a pas été rapporté, il est resté.
De septembre à novembre, le château ouvre tous les jours sauf le mardi, en visite guidée l'après-midi, départs à 14 h 15, 15 h 30 et 16 h 45 (le matin est réservé aux groupes). Comptez 10 € par adulte, 6 € pour les collégiens, lycéens et étudiants, gratuit avant 6 ans, selon l'office de tourisme du Pays de Salers. Les voitures ne rentrent pas dans le bourg : quinze minutes de marche depuis le parking. La saison d'automne court jusqu'au 15 novembre 2026 d'après l'office de tourisme ; le site du château dit seulement « novembre », vérifiez sur anjony.fr avant de venir.
Ne zappez pas l'église Saint-Jean-Baptiste, romane, du XIIe siècle : elle conserve une relique de la Sainte-Épine rapportée des croisades. Trois minutes, et une bonne histoire pour les enfants.
3. Marcolès : la cité marchande de la Châtaigneraie
Marcolès est le seul village du Cantal à cumuler les deux labels. Il est à une vingtaine de kilomètres au sud d'Aurillac, à la limite de l'Aveyron, dans la Châtaigneraie cantalienne. Ici, la pierre n'est plus noire : on a changé de pays.
Le bourg a gardé son plan de cité commerçante : le Portail Haut, reconstruit au XIXe siècle après un incendie, la place de la Fontaine, où se tenaient les marchés au XIXe, et l'église Saint-Martin en gothique méridional, décor polychrome du XVIIIe. Une heure suffit, à condition de pousser la porte de la saboterie.
L'atelier date de 1925, la forge voisine des années 1930, et les machines sont d'origine : le sabotier montre le geste, du choix du bois au sabot fini. L'été, l'association ouvre du lundi au samedi l'après-midi et offre une visite du village, de la saboterie et de la forge le lundi à 14 h 30, rendez-vous au parking de l'An 2000. Hors été, les horaires de l'automne 2026 ne sont pas encore publiés : appelez avant de faire le détour.
À dix minutes de route, le Trou du Diable, une cascade au bord de la Rance, fait une pause fraîcheur à dix minutes de marche du parking.
4. Murat : les toits de lauze et les trois rochers
Murat est la Petite Cité de Caractère des monts du Cantal, au pied du massif, avec une gare et le GR 400 qui passe. Trois rochers de basalte, restes d'anciennes cheminées volcaniques, encadrent la ville : Bredons, coiffé de son église prieurale, Bonnevie, avec la statue de Notre-Dame de Haute-Auvergne, et Chastel, au-dessus de la chapelle Saint-Antoine. Le reste, ce sont des toits de lauze à perte de vue, ceux qu'on photographie depuis le rocher de Bonnevie : vingt minutes de montée depuis le centre, gratuit, en fin de journée.
La Maison de la Faune occupe un hôtel particulier du XVIe et aligne quelque 10 000 insectes et 800 mammifères et oiseaux naturalisés, d'avril à octobre, l'après-midi : on y entre pour s'abriter, on y reste. Pour la table, L'Arôme Antique cuisine le terroir sans chichi, avec des vins d'Auvergne de vignerons indépendants.
La date à retenir : la 22e Fête du Cornet, dimanche 20 septembre 2026, de 10 h à 18 h, accès libre. Le cornet de Murat, c'est un biscuit roulé garni de crème fouettée, et ce jour-là le village en fait goûter sous toutes les formes, avec marché de producteurs, bandas et concerts. La commune annonce 20 000 personnes : pour le Murat tranquille, venez la veille ou le lendemain.
5. Laroquebrou : le pont sur la Cère
Laroquebrou est à 25 km à l'ouest d'Aurillac, étiré le long de la Cère, à l'entrée des gorges. Le pont du XIIIe siècle enjambe la rivière, et au-dessus du bourg, les ruines du château médiéval portent une statue de la Vierge, copie de celle qui couronne Notre-Dame de Fourvière à Lyon. C'est la carte postale, et elle est méritée.
Le bourg a gardé des maisons à colombages et l'église Saint-Martin, à nef unique, au clocher massif. Laroquebrou est une étape de la Via Arverna, le chemin vers Compostelle qui passe par Rocamadour : vous croiserez des sacs à dos. Deux boucles à pied partent du village, la Boucle des Quatre Châteaux (une heure) et la Roquaise (14 km). À quelques kilomètres, le lac de Saint-Étienne-Cantalès, créé en 1945 sur la Cère, se fait à VTT une fois la baignade terminée (location à la base nautique, à confirmer hors saison).
6. Montsalvy : le mont du salut
Montsalvy est né au XIe siècle d'une sauveté : un territoire fondé par l'Église, délimité par quatre croix, où celui qui se réfugiait était protégé. Le moine Gausbert l'a établie, et le nom, Monte Salvii, le mont du salut, est resté. Le village est entre Aurillac et Rodez, sur le flanc de son puy, avec ses deux portes du Moyen Âge et la rue Basse des Remparts, où les maisons à colombages tiennent encore.
L'abbatiale se visite pour son chevet roman, typique du Cantal, et pour le Christ roman du bas-côté. La salle capitulaire abrite le trésor d'art sacré du canton, qu'on ne s'attend pas à trouver dans un bourg de cette taille.
Montez ensuite au Puy de l'Arbre, 822 m, juste au-dessus du village : la vue tourne des monts du Cantal à l'Aubrac. C'est là que l'astronome Delambre a passé quatre jours, à l'été 1797, pour ses relevés de la méridienne de France, celle qui a servi à définir le mètre. Un bourg de la Châtaigneraie a participé à mesurer la Terre, et presque personne ne le sait.
7. Chaudes-Aigues : une source à 82 °C dans la rue
Chaudes-Aigues n'a pas de label de village et on l'assume. Mais dans une ruelle au-dessus de la place du Marché, la Source du Par sort du sol à 82 °C, la plus chaude de France métropolitaine, en accès libre à toute heure. Vous vous approchez, ça fume. Juste en contrebas, un lavoir alimenté par cette eau servait aux habitantes en plein hiver.
Pour se baigner dedans, c'est au centre thermoludique Caleden, ouvert du 7 février 2026 au 3 janvier 2027 : lagune thermale, jacuzzi géant, bassin d'eau froide, 19 à 21 € l'entrée adulte de 2 h 30, sans réservation. En famille, un détail qui compte : les 6-15 ans ne sont admis que le mercredi et le samedi. Le musée Géothermia, à côté de la source, n'ouvre hors été que le mercredi de 15 h à 17 h 30, jusqu'au 15 novembre, 7 € (pas de visite le mercredi 16 septembre) : à confirmer avant de compter dessus.
Chaudes-Aigues est à part, au sud-est, sur la Truyère. On l'enchaîne avec le viaduc de Garabit, l'ouvrage de l'entreprise Eiffel achevé en 1884, et avec Saint-Flour, sa cathédrale de basalte et le musée de la Haute-Auvergne.
Les enchaîner : deux boucles et un détour
Boucle nord (monts du Cantal), une journée pleine. Tournemire pour la visite de 14 h 15 au château, Salers en fin d'après-midi quand les cars sont partis, nuit à Salers. Le lendemain, le Puy Mary par le Pas de Peyrol (on a détaillé la montée), puis descente sur Murat pour le rocher de Bonnevie au coucher du soleil. Les routes du col ferment l'hiver, à partir de novembre selon la neige.
Boucle sud (Châtaigneraie), une journée. Laroquebrou le matin, Marcolès à midi, Montsalvy et le Puy de l'Arbre en fin de journée, nuit à Aurillac, qu'on a raconté dans Aurillac en 48 h.
Le détour, une demi-journée. Chaudes-Aigues, Garabit, Saint-Flour, à caler en fin de séjour si vous repartez par l'A75.
Pour un séjour construit autour d'autres envies, notre week-end dans le Cantal propose trois itinéraires, et la page Cantal liste toutes nos fiches du département.
Septembre-octobre : ce qui change dans ces villages
L'arrière-saison est le bon moment, à condition de savoir ce qui ferme. Le Salers AOP se fabrique jusqu'au 15 novembre. Le château d'Anjony se visite jusqu'au 15 novembre selon l'office de tourisme, l'après-midi seulement. La Maison de la Faune de Murat ferme fin octobre, Géothermia ne reçoit plus que le mercredi après-midi. Caleden reste ouvert jusqu'au 3 janvier. La Fête du Cornet tombe le 20 septembre à Murat, la Foire de la châtaigne de Mourjou les 17 et 18 octobre, dans la Châtaigneraie, non loin de Marcolès. Les vacances de la Toussaint (du 17 octobre au 2 novembre, à confirmer sur le calendrier officiel) remplissent Salers le week-end, jamais Montsalvy ni Laroquebrou.
Et le soir, de la mi-septembre à la mi-octobre, les cerfs brament dans les monts du Cantal et sur le Cézallier, autour d'Allanche : notre guide du brame en Auvergne dit où et comment écouter sans déranger. Le reste de la saison est dans le guide de l'Auvergne en automne et sur la page l'automne dans le Cantal.

