Le GR30 fait le tour des lacs d'Auvergne en une boucle d'environ 190 km, à parcourir en 8 à 10 jours, classiquement au départ de La Bourboule. Balisé blanc et rouge, il enchaîne le massif du Sancy, le pays des couzes et les plateaux du Cézallier, en passant par le Guéry, Servières, Aydat, le Chambon, le Pavin, Montcineyre, le Chauvet et les lacs de La Godivelle. On l'a arpenté par tronçons au fil des saisons : voici le découpage étape par étape, le sens qu'on vous conseille, les règles de bivouac et la période qu'on préfère (l'automne, et de loin).
Le GR30 en bref
Le tour des lacs d'Auvergne, c'est un tracé homologué au début des années 1970, entièrement dans le Puy-de-Dôme, au cœur du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne. Une boucle : vous revenez à votre point de départ, sans logistique de navette.
Les chiffres à retenir :
- Distance : environ 190 km (les topos annoncent entre 188 et 198 km selon les variantes)
- Durée classique : 8 à 10 jours, le découpage le plus courant compte 9 étapes de 17 à 27 km
- Dénivelé cumulé : environ 5 500 m de montée
- Point haut : au-delà de 1 800 m sur les crêtes du Sancy
- Balisage : blanc et rouge, comme tout GR
- Départ usuel : La Bourboule (ou Le Mont-Dore, juste à côté)
Le niveau reste accessible à tout marcheur habitué aux journées de 5 à 7 heures. Rien de technique, mais du dénivelé quotidien et des plateaux où le brouillard peut brouiller les repères : une trace GPS dans la poche n'est jamais du luxe. Vous trouverez la nôtre sur la fiche technique du GR30, avec le GPX à télécharger.
Et si vous voulez d'abord réviser vos lacs avant de lacer les chaussures, on a un guide complet des lacs volcaniques d'Auvergne qui plante le décor.
Les étapes une par une
Le découpage ci-dessous suit le sens classique du topoguide, au départ de La Bourboule. Les kilométrages sont indicatifs : ils bougent selon vos hébergements exacts et les variantes choisies.
Étape 1 : de La Bourboule à Orcival (environ 21 km)
La mise en jambes est sérieuse : environ 1 000 m de montée dès le premier jour. Vous grimpez au-dessus de La Bourboule, passez la Banne d'Ordanche, puis basculez vers le lac de Guéry, le plus haut d'Auvergne à environ 1 250 m. Face à vous, les roches Tuilière et Sanadoire encadrent la vallée comme deux piliers.
Le sentier file ensuite vers le lac de Servières, un cratère posé dans les bois, avant de descendre sur Orcival et sa basilique romane. Une première journée qui donne le ton : vous comprenez vite pourquoi ce GR a ses fidèles.
Étape 2 : d'Orcival à Aydat (environ 20 km)
Journée plus roulante, entre bois et pâturages, avec la chaîne des Puys en toile de fond côté nord. Vous passez d'abord le lac de la Cassière, discret et cerné de verdure, avant d'arriver au lac d'Aydat, le plus grand lac naturel d'Auvergne.
Aydat est une vraie étape de confort : commerces, hébergements, terrasses au bord de l'eau. Le tour du lac au soir, quand les paddles sont rangés, vaut le détour.
Étape 3 : d'Aydat à Saint-Nectaire (environ 22 km)
L'étape la plus secrète de la boucle. Le GR plonge dans les gorges de la Monne, un couloir de verdure où vous ne croiserez presque personne, puis remonte vers les plateaux du pays des couzes.
L'arrivée à Saint-Nectaire se mérite, et elle récompense : l'église romane sur sa butte, les caves d'affinage, et une tranche de fromage fermier qui a un autre goût après 22 km de marche.
Étape 4 : de Saint-Nectaire à Besse (environ 18 km)
Vous passez par Murol, dominé par son château médiéval, puis longez le lac Chambon et ses rives découpées. C'est l'un des passages les plus fréquentés du GR en été ; en septembre, vous l'aurez presque pour vous.
La montée finale conduit à Besse-et-Saint-Anastaise, bourg médiéval en pierre de lave, parfait pour une pause prolongée. Si vous devez couper la boucle en deux séjours, c'est ici qu'on le ferait.
Étape 5 : de Besse à Brion (environ 20 km)
La journée des lacs de caractère. D'abord le lac Pavin, cratère presque parfaitement rond, le plus profond d'Auvergne avec ses 92 m, né du plus jeune volcan de France métropolitaine. On vous conseille d'arriver tôt : la lumière du matin sur l'eau sombre est un moment à part.
Le lac de Bourdouze, paisible et entouré de tourbières, mérite le crochet si vos jambes suivent. Puis le sentier rejoint le lac de Montcineyre, en croissant au pied de son cône boisé, avant Compains et le hameau de Brion.
Étape 6 : de Brion à Égliseneuve-d'Entraigues (environ 23 km)
Bienvenue dans le Cézallier, le morceau le plus dépaysant du GR30. Des plateaux d'herbe rase à perte de vue, des burons, des vaches, et un silence qu'on ne trouve nulle part ailleurs en Auvergne.
Le sentier passe par La Godivelle, minuscule village entre ses deux lacs, dont la réserve naturelle des Sagnes de La Godivelle protège des tourbières rares. On reste sur les sentiers, et on range le drone : le site est strictement protégé. L'étape finit à Égliseneuve-d'Entraigues.
Étape 7 : d'Égliseneuve-d'Entraigues à Saint-Genès-Champespe (environ 20 km)
Vous quittez le Cézallier pour l'Artense, un plateau granitique semé de tourbières et de petits lacs. C'est la portion la plus confidentielle de la boucle, celle où le GR30 ressemble à un secret bien gardé par les gens du coin.
Pas de site spectaculaire ici, et c'est justement le charme : des heures de marche régulière, des fermes isolées, le sentiment d'être très loin de tout.
Étape 8 : de Saint-Genès-Champespe à Chareire (environ 19 km)
Le tracé remonte plein nord vers Picherande et son hameau de Chareire, au pied du versant sud du Sancy. À deux pas du village, le lac Chauvet occupe un cratère d'explosion cerné de forêt, dans un site resté sauvage.
C'est la veille du grand final : profitez d'une vraie nuit de repos, la dernière étape est la plus exigeante de la boucle.
Étape 9 : de Chareire à La Bourboule (environ 27 km)
Le bouquet final. Le sentier traverse les paysages de la réserve naturelle de Chastreix-Sancy, gagne les crêtes du massif et frôle le puy de Sancy, toit du Massif central. Par temps clair, vous embrassez toute la boucle d'un regard : le Cézallier au sud, les lacs au nord, la chaîne des Puys à l'horizon.
Si vous voulez ajouter le sommet lui-même, notre guide pour monter au puy de Sancy détaille les options. Puis c'est la longue descente vers La Bourboule, les jambes lourdes et la tête pleine.
Le tableau récapitulatif des étapes
| Étape | Parcours | Distance indicative | À retenir |
|---|---|---|---|
| 1 | La Bourboule → Orcival | env. 21 km | Lacs de Guéry et Servières, roches Tuilière et Sanadoire |
| 2 | Orcival → Aydat | env. 20 km | Lacs de la Cassière et d'Aydat |
| 3 | Aydat → Saint-Nectaire | env. 22 km | Gorges de la Monne, église romane |
| 4 | Saint-Nectaire → Besse | env. 18 km | Murol, lac Chambon |
| 5 | Besse → Brion | env. 20 km | Lacs Pavin, Bourdouze et Montcineyre |
| 6 | Brion → Égliseneuve-d'Entraigues | env. 23 km | Cézallier, La Godivelle et ses deux lacs |
| 7 | Égliseneuve → Saint-Genès-Champespe | env. 20 km | Plateau de l'Artense, tourbières |
| 8 | Saint-Genès-Champespe → Chareire | env. 19 km | Lac Chauvet, pied du Sancy |
| 9 | Chareire → La Bourboule | env. 27 km | Crêtes du Sancy, plus gros dénivelé |
Kilométrages arrondis, variables selon vos hébergements : fiez-vous au GPX de notre fiche du GR30 pour le détail.
Dans quel sens tourner, et où démarrer ?
Le GR30 est une boucle : vous pouvez démarrer où vous voulez et tourner dans les deux sens. Le départ usuel reste La Bourboule, la ville la mieux desservie du parcours, avec Le Mont-Dore en alternative immédiate.
On vous conseille le sens classique, celui du découpage ci-dessus. Il construit un vrai crescendo : les lacs stars du début, le grand vide du Cézallier au milieu, et les crêtes du Sancy en apothéose le dernier jour. Dans l'autre sens, vous brûlez le plus beau dès la première étape.
Autre option qu'on aime : démarrer à Besse si vous venez en voiture par l'est, ce qui place le Cézallier en début de marche et le chapelet des lacs en récompense finale. Si vous avez déjà marché sur le chemin de Stevenson, vous retrouverez ici le même esprit d'itinérance, avec un avantage net : pas de navette retour à organiser.
Quand partir sur le GR30 ?
La boucle se marche de mai-juin à octobre, hors épisodes de neige tardive ou précoce sur les crêtes. Juin a ses partisans, prairies fleuries en tête. Juillet-août concentre du monde autour du Pavin, du Chambon et d'Aydat.
Notre créneau préféré, sans hésiter : septembre et octobre. Les hébergements respirent, les estives se vident, la lumière rase les plateaux du Cézallier et les forêts du Sancy virent au roux. Vous marchez des demi-journées entières sans croiser personne, chose impensable un 15 août.
Deux réserves pour l'automne : les jours raccourcissent (partez tôt, surtout sur les étapes 6 et 9) et certains hébergements ferment après la saison, ce qui demande de vérifier avant de réserver. Le brouillard d'automne sur le Cézallier fait partie du jeu : magique quand il se déchire, exigeant pour l'orientation.
Et côté lacs, une précision qui compte en arrière-saison : on parle ici de pauses sur les rives et de tours de lac, pas de baignade. Plusieurs lacs du parcours sont strictement protégés et la baignade y est interdite, notamment au Pavin, au Guéry, à Servières et au Chauvet. Respectez la signalétique sur place, elle fait foi.
Bivouac et hébergements : où dormir sur le GR30 ?
En dur : le GR30 traverse des bourgs équipés (La Bourboule, Orcival, Aydat, Saint-Nectaire, Murol, Besse, Égliseneuve-d'Entraigues, Picherande) avec gîtes d'étape, chambres d'hôtes, hôtels et campings. L'offre se raréfie nettement dans le Cézallier et l'Artense : entre Besse et Picherande, réservez avant de partir, il n'y a parfois qu'une adresse par village.
En tente : dans le Parc des volcans d'Auvergne, le bivouac est toléré pour une nuit, tente montée à la tombée du jour et pliée au petit matin, sans feu et sans trace. Une grande partie des terrains traversés sont des estives privées : quand une ferme est en vue, demander l'autorisation est la moindre des politesses, et elle est rarement refusée.
Attention aux zones protégées : le campement est interdit dans la réserve naturelle de Chastreix-Sancy (l'amende peut grimper jusqu'à 1 500 €) et les secteurs sensibles des Sagnes de La Godivelle sont interdits d'accès. Des aires de bivouac aménagées existent dans le massif du Sancy, à Chastreix notamment : une bonne option pour la dernière nuit.
Notre conseil de terrain : panachez. Bivouac sur les plateaux quand la météo le permet, gîte les soirs de pluie ou pour recharger (batteries et moral). Un duvet chaud est indispensable même en été : les nuits à plus de 1 000 m piquent.
Comment rejoindre le départ du GR30 ?
Le point d'accès, c'est Clermont-Ferrand, reliée par train à Paris et Lyon. Ensuite, sachez-le : il n'y a plus de desserte ferroviaire jusqu'à La Bourboule ni au Mont-Dore, les trains ont été remplacés par des cars TER au départ de la gare de Clermont-Ferrand. Vérifiez les horaires du jour avant de partir, les fréquences varient selon la saison.
En voiture, c'est l'avantage d'une boucle : vous laissez le véhicule à La Bourboule ou au Mont-Dore le temps du périple et vous le retrouvez à l'arrivée, sans navette à organiser.
Si l'itinérance complète vous semble trop grosse pour cette année, rien ne vous empêche de goûter le massif à la journée : notre top 10 des randonnées dans le Sancy donne de quoi faire, et plusieurs étapes du GR30 se parcourent très bien en aller-retour.




