Où randonner cet automne en Auvergne ? Voici nos 8 boucles préférées, choisies sur le terrain : hêtraies qui virent à l'or dans le Livradois, vallée glaciaire du Sancy, plateaux du Cézallier rendus au silence, sucs du Velay posés dans la brume. De 5,7 à 35,2 km, du tour de lac familial à la très grosse journée, avec pour chaque itinéraire la distance, le dénivelé et ce que la saison lui apporte vraiment. C'est notre sélection maison, tirée de nos fiches de randonnée, et le prolongement logique de notre guide de l'automne en Auvergne. Chaussez, on y va.
Pourquoi l'automne est la vraie saison de rando en Auvergne
D'abord, la lumière. Le soleil descend sur l'horizon, les ombres s'allongent, les reliefs prennent du volume. Une estive banale en juillet devient un tableau en octobre, herbe rousse et ciel lavé.
Ensuite, la brume. Les matins d'automne, elle stagne dans les vallées et les plaines. Vous montez, vous la traversez, et parfois vous débouchez au-dessus d'une mer de nuages avec les sommets pour seuls voisins. Ce genre de matin justifie le réveil.
Puis le calme. Les parkings se vident, les troupeaux redescendent peu à peu, les sentiers redeviennent à vous. Et en fond sonore, de la mi-septembre à la mi-octobre, le brame du cerf résonne dans les forêts au lever du jour et à la tombée de la nuit. On vous explique où et comment l'écouter dans notre guide du brame en Auvergne.
Enfin, les hêtraies. C'est l'arbre roi des moyennes montagnes d'ici, et quand il bascule au jaune puis au cuivre, des massifs entiers changent de couleur. On a listé nos coins préférés dans 7 spots pour voir l'or des hêtres.
Les 8 boucles, de la plus tranquille à la plus sportive
1. De l'Allier au puy de Mur, les couleurs de vendanges de la Limagne (5,7 km)
On commence tout doux, à 12 km de Clermont-Ferrand. Au départ de Dallet, cette boucle de 5,7 km (187 m de dénivelé) longe d'abord un plan d'eau dans un parc arboré, puis la rivière Allier qui file au pied du puy de Mur. Vous grimpez ensuite par des chemins creux sur les flancs de cette colline qui portait autrefois la vigne : Mezel, juste à côté, est un ancien village vigneron, et le secteur en garde les traces.
En automne, les arbres de la rive et les coteaux prennent des teintes de vendanges, et le point de vue en haut aligne la chaîne des Dômes, le Sancy, le Cézallier et la Limagne. Comptez environ 2 h, parfait pour une demi-journée. La fiche complète de la boucle est ici.
2. Le grand tour du lac du Bouchet, un maar dans la forêt (Velay, 7,4 km)
La lave et l'eau se sont rencontrées ici pour creuser un des cratères de maar les plus nets d'Auvergne, aujourd'hui rempli par un lac d'une rondeur presque parfaite. Le balisage n°5 en fait le tour par le large : 7,4 km et 152 m de dénivelé, entre 2 h et 2 h 30 de marche dans les bois qui dominent le cratère.
En octobre, la forêt qui cercle le lac se reflète dans une eau parfaitement calme, et l'effet est spectaculaire par matin sans vent. Si vous marchez avec des enfants, il existe aussi une petite boucle de moins de 3 km au ras de l'eau, accessible à tous. Le tracé du grand tour est sur la fiche.
3. Découverte des hauts plateaux, pierres et chaumières (Velay, 8,8 km)
Une boucle facile (8,8 km, 151 m de dénivelé, environ 2 h 30) sur les hauts plateaux du Velay, dans un pays d'habitat rude et fascinant. Les fermes d'ici ont des allures de forteresses : murs de 2 mètres d'épaisseur, petites ouvertures tournées au sud, murets dressés contre la neige et la burle, ce vent d'hiver chargé de glace. Vous passerez devant des maisons où un porche voûté, l'arcasse, servait d'entrée commune aux gens et aux bêtes.
L'automne est la meilleure fenêtre pour ce circuit : lumière dorée sur l'herbe rousse, villages calmes, et l'hiver qui se devine sans mordre encore. Les chaumières de Bigorre et de Moudeyres, toits de seigle posés sur la pierre, valent le crochet. La fiche est ici.
4. Le puy de Mathonière, balcon sur les monts du Cantal (Cézallier, 11,2 km)
Au départ d'Allanche, vous montez doucement entre des murets de pierres sèches, avec les monts du Cantal qui se dévoilent dans votre dos à mesure que vous prenez de la hauteur. Pensez à vous retourner, c'est le meilleur du parcours. La boucle fait 11,2 km pour 404 m de dénivelé, comptez 3 h 30 environ, plus 1 km aller-retour si vous poussez jusqu'au sommet du puy : le panorama sur le volcan cantalien et les reliefs du Cézallier récompense l'effort.
En automne, tant que les troupeaux sont encore là, les cloches vous accompagnent jusqu'au retour sur la place du Cézallier, à Allanche. Et le Cézallier en octobre, c'est une leçon de lumière rasante. Voici la fiche détaillée.
5. Le lac du Mont de Bélier, l'Écosse cantalienne (Haut Cantal, 14,4 km)
Notre boucle préférée pour les amateurs d'ambiances brumeuses. Après une belle vue sur les gorges de la Rhue, le sentier traverse des hameaux qui semblent hors du temps (arrêtez-vous au four à pain de Cachebeurre, rien que pour le nom), puis descend vers le lac du Mont de Bélier, niché entre les monts du Cantal et le massif du Sancy. Un lac au petit air d'Écosse, dixit notre fiche, et par matin de brume d'octobre, c'est exactement ça.
14,4 km, 456 m de dénivelé, entre 4 h et 4 h 30 de marche avec un passage par la forêt d'Algère. La fiche complète est ici.
6. Du bourg de Chastreix à la vallée glaciaire (Sancy, 18,3 km)
Le gros morceau côté Sancy, et franchement notre coup de cœur de cette liste. Depuis le bourg de Chastreix, la boucle alterne forêts, zones humides, pâturages et moyenne montagne sur 18,3 km et 535 m de dénivelé. Le début est un peu sportif, le reste roule bien. Le sommet du parcours : la table d'orientation de l'Espace Naturel Sensible de la Montagne du Mont, où le regard plonge sur les crêtes et le cirque de la vallée de la Fontaine Salée, au centre de la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy. Le secteur abrite mouflons et chamois, jumelles bienvenues.
En automne, les estives rousses et les crêtes dégagées composent un paysage qui n'a rien à envier à bien plus haut. Prévoyez le pique-nique et 5 à 6 h sur place : la fiche est ici.
7. Panoramas, sucs et forêts, la grande boucle du Velay (21,6 km)
Un suc, c'est un ancien volcan sans cratère, un dôme de lave né il y a environ 12 millions d'années, et le Velay en aligne une collection unique en Europe. Cette boucle de 21,6 km les enchaîne entre forêts et panoramas, avec un dénivelé raisonnable pour la distance (453 m) : comptez 6 h environ, à réserver aux bons marcheurs à cause du kilométrage plus que de la pente.
En chemin, levez les yeux sur les toits des maisons anciennes : les lauzes de phonolithe, la pierre des sucs, y sont partout. Et en octobre, les dômes émergent des forêts dorées comme des îles. Le tracé complet est ici.
8. Les Cimes du Livradois, 35 km dans les hêtraies-sapinières (Livradois)
Le circuit n°44 est le très gros morceau de cette sélection : 35,2 km et presque 1 000 m de dénivelé dans les forêts du Livradois, là où les hêtraies-sapinières font leur numéro d'octobre, l'or des hêtres tranché par le vert sombre des sapins. C'est notre choix pour les très gros mollets, ou pour les coureurs de sentiers.
Soyons directs : à l'automne, avec des journées qui raccourcissent, 35 km se méritent. Comptez 9 à 10 h de marche, partez à l'aube, ou coupez la boucle en deux belles journées. Dans les deux cas, vous marcherez des heures sous les feuillages colorés sans croiser grand monde. La fiche du circuit est ici.
Le récap en un tableau
| Boucle | Massif | Distance | Niveau |
|---|---|---|---|
| De l'Allier au puy de Mur | Limagne | 5,7 km | Facile |
| Grand tour du lac du Bouchet | Velay | 7,4 km | Facile |
| Découverte des hauts plateaux | Velay | 8,8 km | Facile |
| Puy de Mathonière | Cézallier | 11,2 km | Moyen |
| Lac du Mont de Bélier | Haut Cantal | 14,4 km | Moyen |
| Chastreix, vallée glaciaire | Sancy | 18,3 km | Sportif |
| Panoramas, sucs et forêts | Velay | 21,6 km | Sportif |
| Les Cimes du Livradois | Livradois | 35,2 km | Très sportif |
Météo et équipement : randonner malin quand les jours raccourcissent
L'automne auvergnat est changeant, et c'est très bien comme ça. Quelques règles simples suffisent pour en profiter sans mauvaise surprise.
Habillez-vous en couches. Une première couche respirante, une polaire, une veste imperméable et coupe-vent. Vous partez dans le froid du matin, vous marchez en t-shirt à midi, vous remettez tout au premier col venté. Dès octobre, glissez bonnet et gants dans le sac pour les parcours en altitude.
Comptez avec les jours courts. À la mi-octobre, vous avez environ onze heures de jour ; après le passage à l'heure d'hiver, fin octobre, la nuit tombe avant 18 h. Partez le matin, calculez large, et gardez une frontale au fond du sac, elle ne pèse rien et elle change tout.
Respectez le brouillard. Sur les plateaux et les crêtes, il peut effacer le paysage en quelques minutes. Téléchargez la trace avant de partir, gardez une carte, et sachez renoncer : le sommet sera encore là la semaine suivante.
Soignez les pieds. Feuilles mortes humides, chemins gras, pierres luisantes : des chaussures à tige montante et semelle crantée, et des bâtons si vos genoux les réclament en descente.
Pensez chasse. L'automne est aussi sa saison. Une couleur vive sur le sac ou la veste, et un détour si une battue est signalée en lisière.





