L'Auvergne aligne neuf stations thermales conventionnées : Vichy, Royat-Chamalières, Le Mont-Dore, La Bourboule, Châtel-Guyon, Châteauneuf-les-Bains, Bourbon-l'Archambault, Néris-les-Bains et Chaudes-Aigues. À elles neuf, elles couvrent onze des douze orientations reconnues par l'Assurance Maladie, de la rhumatologie aux voies respiratoires en passant par le cœur et les artères : seule la phlébologie manque à l'appel.
Une cure conventionnée, c'est 18 jours de soins sur prescription, avec un forfait thermal remboursé à 65 %. Une mini-cure, elle, se réserve sans prescription et n'est pas remboursée. On vous détaille tout, station par station. Et si vous cherchez d'abord la détente, notre grand guide bien-être de la région prend le relais.
Le tableau pour choisir sa station
Chaque station est agréée pour des orientations précises. Vous ne ferez pas soigner votre asthme à Vichy ni votre côlon au Mont-Dore : l'eau de chaque source a ses spécialités, validées par l'Assurance Maladie.
| Station | Département | Indications conventionnées | Ambiance |
|---|---|---|---|
| Vichy | Allier (03) | Affections digestives et maladies métaboliques, rhumatologie | L'élégante : opéra, parcs, grands hôtels |
| Royat-Chamalières | Puy-de-Dôme (63) | Maladies cardio-artérielles, rhumatologie | La citadine Belle Époque, aux portes de Clermont |
| Le Mont-Dore | Puy-de-Dôme (63) | Voies respiratoires, rhumatologie | La montagnarde, au pied du Sancy |
| La Bourboule | Puy-de-Dôme (63) | Voies respiratoires, dermatologie, muqueuses bucco-linguales, troubles du développement de l'enfant | La familiale, en altitude douce |
| Châtel-Guyon | Puy-de-Dôme (63) | Affections digestives, affections urinaires et maladies métaboliques, rhumatologie | La renaissante, autour de son resort Aïga |
| Châteauneuf-les-Bains | Puy-de-Dôme (63) | Rhumatologie | La confidentielle, au bord de la Sioule |
| Bourbon-l'Archambault | Allier (03) | Rhumatologie, gynécologie | La médiévale, château et ruelles calmes |
| Néris-les-Bains | Allier (03) | Affections psychosomatiques, neurologie, rhumatologie | La gallo-romaine, jardins et théâtre |
| Chaudes-Aigues | Cantal (15) | Rhumatologie | La brûlante : de l'eau à 82 °C en plein village |
Un rappel qui compte : ce tableau vous aide à comprendre l'offre, pas à vous auto-prescrire quoi que ce soit. L'orientation de votre cure se décide avec votre médecin, en fonction de votre dossier. C'est lui qui prescrit, c'est la caisse qui valide.
Les neuf stations, une par une
Vichy, l'élégante
La Reine des villes d'eaux compte 2 000 ans de cures thermales, et ça se voit : 140 hectares de parcs, des façades qui racontent un siècle de curistes, un opéra, des colonnades. On y soigne les affections digestives et les maladies métaboliques, ainsi que la rhumatologie, avec une double orientation possible pour traiter les deux dans la même cure.
Deux établissements conventionnés se partagent les curistes : les Thermes des Dômes et les Thermes Callou, avec des soins du lundi au samedi, le matin ou l'après-midi. Saison 2026 : du 16 février au 14 novembre aux Thermes Callou, la plus précoce de la région, et du 8 juin au 12 décembre aux Dômes, avec une dernière entrée en cure le 23 novembre. Entre deux soins, allez goûter l'eau à la source des Célestins : elle pique un peu, elle surprend, elle fait partie du rituel.
Royat-Chamalières, la citadine
Royat, c'est la cure à dix minutes de Clermont-Ferrand, dans un décor Belle Époque posé au débouché d'un vallon. Sa singularité est sérieuse : c'est la seule station d'Auvergne agréée pour les maladies cardio-artérielles (artérite, syndrome de Raynaud, complications du diabète), en plus de la rhumatologie. Les soins combinent eau thermale et gaz thermal, un duo rare, et le long couloir de marche à contre-courant fait figure d'institution chez les habitués.
La station héberge aussi un institut de recherche cardiovasculaire, ce qui pose le niveau d'exigence. En 2026, la saison va du 13 avril au 7 novembre. Notre parcours entre deux soins : les thermes de Royat pour l'architecture, puis un tour complet du parc thermal sous les grands arbres.
Le Mont-Dore, la montagnarde
Ici, vous êtes au pied du Sancy, dans un cirque de montagne, et l'établissement vaut la visite à lui seul : inspiré des thermes de Caracalla, classé monument historique, avec des salles patrimoniales encore en service pour les soins respiratoires. Les thermes du Mont-Dore traitent les voies respiratoires (asthme, bronches, ORL) et la rhumatologie, avec des eaux riches en silice.
En 2026, la saison s'étire du 2 avril au 4 novembre, avec une dernière entrée en cure le 16 octobre et des soins en matinée. L'après-midi, la montagne est à vous.
La Bourboule, la familiale
À 850 mètres d'altitude, dans un climat pauvre en allergènes, La Bourboule est la station des familles, label Famille Plus à l'appui. Ses Grands Thermes aux dômes byzantins cumulent quatre orientations : voies respiratoires, dermatologie, affections des muqueuses bucco-linguales et troubles du développement de l'enfant.
C'est la grande adresse pédiatrique de la région : asthme, eczéma, rhinites à répétition, les enfants y sont soignés depuis des générations, et la ville s'est construite autour d'eux. Saison 2026 : du 6 avril au 31 octobre. Si vous hésitez entre Le Mont-Dore et La Bourboule pour du respiratoire, la question à vous poser est simple : venez-vous seul ou en tribu ?
Châtel-Guyon, la renaissante
Châtel-Guyon a retrouvé de l'allant avec Aïga, son resort thermal nouvelle génération, un ensemble unique en Europe qui regroupe soins, remise en forme et hébergement. Les eaux, les plus riches en magnésium d'Europe, sont agréées pour trois orientations : les affections digestives et maladies métaboliques (colopathie fonctionnelle, intestin irritable), les affections urinaires récidivantes et la rhumatologie, avec doubles orientations possibles.
Détail qui compte pour votre agenda : en 2026, la saison court du 30 mars au 5 décembre, avec une dernière entrée en cure le 16 novembre. Pour loger sans voiture, l'hôtel Thermalia se trouve à quelques pas du parc thermal.
Châteauneuf-les-Bains, la confidentielle
La moins connue des neuf, et c'est son charme. Châteauneuf-les-Bains se niche dans la vallée de la Sioule, au nord des Combrailles, et soigne la rhumatologie dans une ambiance de petite station d'autrefois : pas de resort, pas de colonnades, une rivière, des platanes et des habitués qui reviennent chaque année.
La saison 2026 court du 20 avril au 10 octobre. En 2026, la dernière entrée en cure y est fixée au 21 septembre, la plus précoce de la région. Si vous cherchez le thermalisme au calme absolu, à moins d'une heure de Clermont, c'est votre adresse.
Bourbon-l'Archambault, la médiévale
On aime Bourbon pour son rythme : un bourg de l'Allier où tout se fait à pied, entre halles, ruelles et forteresse. La station est agréée en rhumatologie et en gynécologie, une combinaison rare, avec là aussi une double orientation possible. Les eaux chlorurées sodiques et bromo-iodurées font le travail en profondeur.
La saison 2026 va du 19 mars au 21 novembre. Entre deux soins, montez au château de Bourbon-l'Archambault : les tours dominent le bourg et racontent la famille qui a donné son nom à une dynastie.
Néris-les-Bains, la gallo-romaine
Néris soigne depuis l'époque gallo-romaine, et son cœur de ville en garde la trace, entre théâtre, jardins et villas cossues. C'est la seule station de la région agréée pour les affections psychosomatiques et la neurologie, en plus de la rhumatologie. Ses eaux, riches en lithium, sont indiquées contre le stress.
Côté calendrier, la saison 2026 court du 23 mars au 24 octobre, avec une dernière entrée en cure le 5 octobre. La ville est classée parmi les Plus Beaux Détours de France, et franchement, le détour se défend.
Chaudes-Aigues, la brûlante
Dans ce village du Cantal, entre Aubrac et Truyère, la source du Par jaillit à 82 °C : l'eau la plus chaude d'Europe, qui chauffait déjà les maisons au Moyen Âge. L'établissement Caleden, agréé en rhumatologie (arthrose, sciatiques, séquelles de traumatismes, fibromyalgie), n'a jamais cessé ses cures, et sa partie thermoludique a rouvert le 22 octobre 2025 après plusieurs années de fermeture.
En 2026, la machine tourne à plein : saison thermale de début mars au 21 novembre, dernières entrées en cure début novembre, et un espace aqualudique ouvert du 7 février 2026 au 3 janvier 2027. Si votre médecin vous oriente en rhumatologie et que vous rêvez d'un décor sauvage, c'est ici.
Combien ça coûte vraiment
La cure conventionnée de 18 jours
Le principe : votre médecin prescrit, l'Assurance Maladie prend en charge une partie, le reste vous revient. Dans le détail, le forfait thermal (les soins) est remboursé à 65 % d'un tarif forfaitaire conventionnel qui varie selon l'orientation. La surveillance médicale pendant la cure est remboursée à 70 % sur une base de 28 € par consultation (14 € pour le suivi d'une seconde orientation). Certaines pratiques complémentaires, comme les douches filiformes en dermatologie, sont prises en charge à 70 % sur leurs propres tarifs.
Transport et hébergement, eux, ne sont aidés que sous conditions de ressources : pour une cure prescrite en 2026, si vos ressources de 2025 ne dépassent pas un plafond fixé à 14 664,38 €, vous pouvez toucher 55 % d'un billet SNCF aller-retour en 2e classe et 65 % d'un forfait hébergement de 150,01 €, soit 97,50 €. Au-dessus de ce plafond, ces frais sont pour vous.
On vous le dit sans détour : le vrai poste de dépense, c'est la vie sur place. Trois semaines de logement et de repas pèsent bien plus lourd que le ticket modérateur des soins. Votre complémentaire santé peut couvrir une partie du reste, selon les règles de votre contrat. Et retenez la règle d'or : une seule cure prise en charge par année civile pour une même affection.
La mini-cure, pour tester
Pas d'ordonnance, pas de remboursement, pas d'engagement : la mini-cure dure de 3 à 12 jours et se réserve librement. Chaque programme traite les indications de la station, avec des thèmes comme les douleurs articulaires, le stress ou les jambes lourdes.
C'est le bon format pour vérifier qu'une station vous plaît avant de vous lancer dans 18 jours. Un exemple qu'on pratique volontiers : un week-end thermal à Vichy, deux jours d'eau chaude et de parcs, et vous savez si l'ambiance vous parle.
Le bassin thermal à la journée, pour le plaisir
Troisième formule, sans dimension médicale : les espaces aqualudiques alimentés en eau thermale. À Chaudes-Aigues, la session adulte de 2 h 30 coûte 19 € le matin et 21 € l'après-midi en 2026. À Vichy, l'institut des Célestins joue la carte haut de gamme, et à Royat, les bassins d'eau chaude font une sortie parfaite par temps gris. Rien de remboursé ici, évidemment : c'est du bien-être, pas du soin.
Comment ça se passe, de l'ordonnance aux soins
Première étape, le médecin. Généraliste ou spécialiste, c'est lui qui juge si une cure est indiquée et qui remplit la prescription, orientation comprise. Vous adressez ensuite la demande de prise en charge à votre caisse, et vous attendez son accord avant d'engager quoi que ce soit.
Deuxième étape, la réservation. L'accord de votre caisse mentionne la station désignée par votre médecin : vous réservez ensuite vos dates directement auprès de l'établissement thermal. Notre conseil : bloquez l'hébergement dans la même journée, les meublés de curistes bien placés partent vite. Pour vous y retrouver, on a listé où dormir à Vichy et où dormir au Mont-Dore.
Troisième étape, la cure elle-même. À l'arrivée, un médecin thermal vous reçoit et cale votre programme de soins. Ensuite, le rythme s'installe : soins le matin du lundi au samedi dans la plupart des stations, 18 jours de soins répartis sur trois semaines, après-midis libres. C'est ce rythme, autant que l'eau, qui fait du bien.
Pourquoi septembre-octobre est une bonne fenêtre
Si vous pouvez choisir vos dates, l'arrière-saison a de sérieux arguments. Les stations restent ouvertes tard : jusqu'au 12 décembre à Vichy (Thermes des Dômes), au 21 novembre à Bourbon-l'Archambault et à Chaudes-Aigues, au 5 décembre à Châtel-Guyon. L'affluence estivale retombe, les hébergements respirent, et les paysages font le spectacle : couleurs d'automne sur le Sancy pour les curistes du Mont-Dore et de La Bourboule, lumière dorée sur les parcs de Vichy et de Royat.
Deux vigilances tout de même. Les dernières entrées en cure 2026 tombent tôt à Châteauneuf-les-Bains (21 septembre) et à Néris-les-Bains (5 octobre). Et dans les stations qui ferment tard, la dernière entrée en cure 2026 tombe avant la fermeture : le 2 novembre à Bourbon-l'Archambault et à Chaudes-Aigues, le 16 novembre à Châtel-Guyon, le 23 novembre à Vichy.
Pour une cure en 2027, une règle de l'Assurance Maladie compte : un accord de prise en charge donné au dernier trimestre est valable pour le premier trimestre civil de l'année suivante, sauf s'il est délivré en décembre, auquel cas il vaut toute l'année civile suivante. L'accord mentionne la station désignée par votre médecin : réservez ensuite la cure et l'hébergement dans la foulée.
Dernier point : les dates citées ici sont celles de la saison 2026, et elles changent d'une année sur l'autre.




